Je caresse mes journées comme de longs voyages agréables. J'y trouve des lieux d'errances paisibles et inspirants, du travail qui me nourrit, des mets délicieux et un peu d'exotisme ici et là. Des couleurs mirobolantes; ces filles coiffées différemment, ces couples qui rient sans conscience de leur présence au monde, ces conversations que je vole aux gens inconnus.
Mais il manque d'amour dans le monde. Cet amour gratuit que l'on offre aux gens que l'on voit chaque jour. Un sourire, une parole douce et chaleureuse, un mot d'encouragement, une vérité, un rire. La sympathie déserte, la froideur perce...et ça me désole.
jeudi 1 avril 2010
jeudi 25 février 2010
Clair comme l'eau vive
«Les blessures dont on a honte
ne se guérissent pas ».
Dany Laferrière, L'énigme du retour.
Dany, j'aurais bien aimé te piquer ces vers-là.
ne se guérissent pas ».
Dany Laferrière, L'énigme du retour.
Dany, j'aurais bien aimé te piquer ces vers-là.
mercredi 24 février 2010
Désert aride
Mes mots fuient.
*
Je déserte... parfois ma tête, parfois mon corps, pour un temps indéterminé. Comment pourrais-je être constante, habitée des mêmes désirs éternellement ? Ma vie a une allure de casse-tête. Mes désirs sont combustibles. Un temps, mon coeur bat à tout rompre. J'y crois. Et puis, en douce, il s'endort.
Merde.
Je vois ces gens si convaincus, calés paisiblement au creux de leurs certitudes. Leur tranquillité me donne envie de pleurer. De jalousie et d'envie, peut-être.
*
J'hésite longuement, 10 minutes peut-être, entre le café au lait et le lait au chocolat. Comment organiserais-je ma vie si je peine à trancher sur le choix d'un breuvage matinal ?
*
Je déserte... parfois ma tête, parfois mon corps, pour un temps indéterminé. Comment pourrais-je être constante, habitée des mêmes désirs éternellement ? Ma vie a une allure de casse-tête. Mes désirs sont combustibles. Un temps, mon coeur bat à tout rompre. J'y crois. Et puis, en douce, il s'endort.
Merde.
Je vois ces gens si convaincus, calés paisiblement au creux de leurs certitudes. Leur tranquillité me donne envie de pleurer. De jalousie et d'envie, peut-être.
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J'hésite longuement, 10 minutes peut-être, entre le café au lait et le lait au chocolat. Comment organiserais-je ma vie si je peine à trancher sur le choix d'un breuvage matinal ?
mercredi 23 décembre 2009
Le miroir
C'est mon anniversaire aujourd'hui.
Je repense à tous ces bonheurs, qui ont fleuri dans ma vie et qui sentent la vanille. Je ne sais pas pourquoi, mais il me revient aussi un goût amère. Et puis si, je le sais. Mon anniversaire me rappelle inévitablement mes échecs, mes regrets. Comme cette fille qui réussit mieux que moi, mais avec qui je n'ai jamais pu discuter, partager mes désaccords. Cette fille blonde et froide, qui n'aimera probablement jamais la littérature.
J'ai envie de répondre aux gens qui crient des injures aux pauvres commis du supermarché. J'ai parfois envie de doucement leur toucher l'épaule et de les regarder, froidement, en leur disant : « Mais pourquoi tant de méchanceté ? ». J'ai envie leur faire voir à quel point ils sont amères et combien leur mots peuvent blesser, se loger dans un coeur en le rendant fragile. J'ai envie de tendre devant eux un miroir. Faire miroiter leur bêtise.
Personne n'aime observer son reflet dans un miroir.
J'aurais bien envie de faire tout ça, avec cette force de caractère que je n'ai pas. Heureusement, il restera toujours les livres. Ces bribes de mots, seules richesses capables de faire réfléchir l'humain sur ses propres imperfections.
Je repense à tous ces bonheurs, qui ont fleuri dans ma vie et qui sentent la vanille. Je ne sais pas pourquoi, mais il me revient aussi un goût amère. Et puis si, je le sais. Mon anniversaire me rappelle inévitablement mes échecs, mes regrets. Comme cette fille qui réussit mieux que moi, mais avec qui je n'ai jamais pu discuter, partager mes désaccords. Cette fille blonde et froide, qui n'aimera probablement jamais la littérature.
J'ai envie de répondre aux gens qui crient des injures aux pauvres commis du supermarché. J'ai parfois envie de doucement leur toucher l'épaule et de les regarder, froidement, en leur disant : « Mais pourquoi tant de méchanceté ? ». J'ai envie leur faire voir à quel point ils sont amères et combien leur mots peuvent blesser, se loger dans un coeur en le rendant fragile. J'ai envie de tendre devant eux un miroir. Faire miroiter leur bêtise.
Personne n'aime observer son reflet dans un miroir.
J'aurais bien envie de faire tout ça, avec cette force de caractère que je n'ai pas. Heureusement, il restera toujours les livres. Ces bribes de mots, seules richesses capables de faire réfléchir l'humain sur ses propres imperfections.
mercredi 16 décembre 2009
Noël
L'hiver glisse tranquillement dans les rues. Combiné aux jours qui précèdent Noël, il peut franchement être intolérable. J'ai une impression de déjà-vu. Les rues et les artères deviennent impraticables; les gens irritables, prêts à se battre pour vous dépasser dans les files d'attente.
Quoique mon impatience devant leur manque de savoir-vivre m'écoeure tout autant. Je suis pire qu'eux, finalement.
Pourquoi aime-t-on Noël à ce point, dans ce cas ?
Les gens aiment Noël parce que cette fête raconte des histoires. Une en particulier, certes, celle de la naissance de Jésus. Mais pas que celle-là. Noël sous-tend des milliers de microcosmes de vies humaines qui s'assemblent. La fable chrétienne rammène les gens à l'essentiel : l'amour, le don de soi. On dira ce qu'on voudra, mais une histoire qui chante l'espoir ne peut être que vitale, surtout dans le siècle dans lequel nous vivons. Les gens ont besoin de croire. Ils doivent se faire raconter des histoires.
Quoique mon impatience devant leur manque de savoir-vivre m'écoeure tout autant. Je suis pire qu'eux, finalement.
Pourquoi aime-t-on Noël à ce point, dans ce cas ?
Les gens aiment Noël parce que cette fête raconte des histoires. Une en particulier, certes, celle de la naissance de Jésus. Mais pas que celle-là. Noël sous-tend des milliers de microcosmes de vies humaines qui s'assemblent. La fable chrétienne rammène les gens à l'essentiel : l'amour, le don de soi. On dira ce qu'on voudra, mais une histoire qui chante l'espoir ne peut être que vitale, surtout dans le siècle dans lequel nous vivons. Les gens ont besoin de croire. Ils doivent se faire raconter des histoires.
lundi 2 novembre 2009
Création
J'ai mal au ventre.
Je ne trouve pas les mots. J'aimerais être assez poète, écrire comme Françoise Sagan, pour le dire. J'ai des désirs improbables et irraisonnés, je sais bien tout cela. Je ne sais pas les rendre complices de ma créativité. Peut-être que la vraie force de l'écrivain est celle de rendre tout ce qui vit en lui, bouillonne, matière à création. Ou peut-être pas. Peut-être que la fabulation est l'unique matériau. Peut-être que je fabule ma vie, tout compte fait.
Je ne trouve pas les mots. J'aimerais être assez poète, écrire comme Françoise Sagan, pour le dire. J'ai des désirs improbables et irraisonnés, je sais bien tout cela. Je ne sais pas les rendre complices de ma créativité. Peut-être que la vraie force de l'écrivain est celle de rendre tout ce qui vit en lui, bouillonne, matière à création. Ou peut-être pas. Peut-être que la fabulation est l'unique matériau. Peut-être que je fabule ma vie, tout compte fait.
dimanche 25 octobre 2009
Biscuit
Il y a des yeux dans lesquels on peut, semble-t-il, lire de grandes vérités.
Je ne suis pas experte en la matière, mais il me semble possible d'affirmer que les yeux de certaines personnes, comme les livres, peuvent nous permettre de lire des choses exceptionnelles, marquantes, bouleversantes.
J'y crois. Cette idée me semble si forte. Et puis, non. Les idées sont si malléables. Si c'était - non pas les yeux des autres qui donnent à lire de grandes vérités - moi qui transposais mes vérités, désirs, certitudes dans les yeux des autres ?
Même ritournelle en ce qui concerne la lecture ; certains sont d'avis que le texte ne parle pas. Ce sont les lecteurs qui créent leur lecture, qui voient ce qu'ils veulent bien voir dans les livres.
Je ne suis pas experte en la matière, mais il me semble possible d'affirmer que les yeux de certaines personnes, comme les livres, peuvent nous permettre de lire des choses exceptionnelles, marquantes, bouleversantes.
J'y crois. Cette idée me semble si forte. Et puis, non. Les idées sont si malléables. Si c'était - non pas les yeux des autres qui donnent à lire de grandes vérités - moi qui transposais mes vérités, désirs, certitudes dans les yeux des autres ?
Même ritournelle en ce qui concerne la lecture ; certains sont d'avis que le texte ne parle pas. Ce sont les lecteurs qui créent leur lecture, qui voient ce qu'ils veulent bien voir dans les livres.
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