Je commence à concevoir l’absence. Elle a une couleur très pâle, une sorte de blanc perlé.
La première neige est tombée, ici. C’est d’une beauté à geler toute douleur, chuchote Dumas. Ce matin, je me suis éveillée et j’ai regardé les flocons qui tombaient. J’avais envie de perdre toute conscience.
Je me sens bien. Bientôt, lorsque toutes ces images déjà engourdies s’estomperont, je n’appartiendrai qu’à moi-même. Avoir l'esprit libre pour créer, être forte, au-dessus des autres, écrit Marie.
Je lis, les cheveux mouillés, en serviette. J’ignore le téléphone qui sonne. Je n’ai pas envie de rejoindre le monde réel. Pas tout de suite. Ma mère dit que cette attitude m’éloigne du monde. Je suis convaincue du contraire. Je crois que lui aussi. Cela me suffit.
Bientôt, je nagerai dans l’océan et m’endormirai sur la grève.